L’Écosse

Un patrimoine fascinant

Une traversée de la France et de l’Angleterre en camping-car pour rejoindre les Highlands écossais: un voyage en solo de plus de 5500 kilomètres qui m’a menée à la découverte de villes médiévales, de falaises vertigineuses, de routes isolées à voie unique et de plages aux eaux turquoise. Un récit de voyage entre whisky, bovins des Highlands, rétroviseurs extérieurs arrachés et couchers de soleil inoubliables sur l’Atlantique.

Route l’Écosse
Route l’Écosse

Brit Stops – près des pubs et chez des agriculteurs 
Le réseau Brit Stops offre aux camping-caristes des possibilités de stationnement nocturne gratuites dans toute l’Angleterre et l’Écosse. Pour une cotisation annuelle d’environ 32 livres sterling, les membres accèdent via une application à des emplacements situés sur des terrains des pubs, fermes et petites exploitations participantes. La plupart des sites ne disposent pas d’installations pour le ravitaillement en eau et en électricité et pour les vidanges, mais les toilettes des hôtes peuvent généralement être utilisées. Il est d’usage de consommer sur place – prendre un repas au pub ou acheter des produits régionaux, mais ce n’est pas une obligation pour passer la nuit. Outre le côté pratique d’un emplacement sécurisé et autorisé, ce concept offre également l’occasion d’échanger avec les locaux. 

www.britstops.com


Explorer l’Écosse en camping-car : voilà un rêve que je caressais depuis longtemps. En août dernier, il est devenu réalité. L’itinéraire menait de l’Oberland bernois à travers la France jusqu’à Calais, où un vaste emplacement du réseau Camping-Car Park m’a permis de passer ma dernière nuit sur le continent. 

Le lendemain matin a eu lieu la traversée en ferry vers Douvres. D’une durée d’un peu moins de 90 minutes, elle s’est déroulée sans encombre. Un peu avant midi, le camping-car roulait sur le sol britannique et à partir de là, il fallait rouler à gauche. L’adaptation s’est faite étonnamment vite, d’autant plus que sur les premiers kilo-mètres, de grands panneaux rappellent sans ambiguïté de quel côté de la route il faut circuler ici. La première étape se trouvait à 458 kilomètres de là : Heslington, près de York, plus exactement le parking du pub Deramore Arms. Un emplacement pour la nuit réservé grâce à un abonnement annuel souscrit depuis la Suisse à l’application Brit Stops. Une première journée sur le sol anglais qui s’est achevée au pub Deramore Arms avec une Ale et du fish & chips, en somme une introduction typique à la gastronomie locale.

La vieille ville de York 
York mérite bien plus qu’une simple escale. La vieille ville médiévale est l’une des mieux préservées de toute l’Angleterre. Derrière les imposantes fortifications de la ville s’étend un labyrinthe de ruelles étroites et de bâtiments historiques. L’ensemble est dominé par le York Minster, cette cathédrale gothique du XIIIe siècle qui est l’un des plus grands édifices religieux d’Europe du Nord. Ceux qui prendront la peine de gravir la tour seront récompensés par une vue panoramique imprenable sur la ville. À quelques minutes à pied de là se trouve The Shambles, l’une des ruelles médiévales les plus célèbres d’Europe. Ses maisons à colombages en encorbellement ont servi d’inspiration visuelle pour le Chemin de Traverse dans les films Harry Potter et attirent donc des visiteurs du monde entier. Une promenade sur les York City Walls vaut également le détour : ces remparts de près de cinq kilomètres de long, datant des XIIIe et XIVe siècles entourent le centre historique et offrent un parcours gratuit avec des points de vue sur la ville toujours surprenants.

La capitale écossaise 
Après une nuit reposante à York, le voyage s’est poursuivi vers le nord sur 367 kilomètres pour atteindre la capitale écossaise. Édimbourg accueille le visiteur avec un paysage urbain spectaculaire : bâtie sur des collines volcaniques, la ville combine une vieille ville médiévale sinueuse à une élégante nouvelle ville géorgienne, dont les longues rues droites, les façades néoclassiques et les jardins soignés forment un contraste charmant. 

J’ai trouvé une place de stationnement très pratique au numéro 5 de la Fettes Avenue. En journée, le stationnement coûte au maximum 11 livres pour neuf heures ; entre 17h30 et 8h30, il est gratuit – un endroit idéal pour passer la nuit, d’autant plus que le commissariat de police situé à proximité procure un sentiment de sécurité supplémentaire. De là, on rejoint un arrêt de bus en cinq minutes à pied ; un ticket journalier de transports en commun acheté en ligne pour 5.50 livres et le bus n° 24 vous conduit directement à Princes Street.

Dès la sortie du bus, la vue s’ouvre sur les vastes jardins de Princes Street, lesquels s’étendent tel un ruban vert entre la vieille ville et la nouvelle ville. Au-dessus, le château d’Édimbourg, site touristique le plus visité d’Écosse, trône sur son rocher de basalte. La forteresse abrite les joyaux de la couronne écossaise ainsi que la légendaire Stone of Destiny, utilisée pendant des siècles pour le couronnement des rois d’Écosse. Princes Street elle-même est très animée et constitue la principale artère commerçante d’Édimbourg. Un détour par le temple du whisky Johnnie Walker Experience permet de découvrir des designs de bouteilles impressionnants et des prix tout aussi impressionnants. Certains single malts rares atteignent ici des sommes vertigineuses. Après une longue balade en ville et quelques photos souvenir, le bus m’a ramenée au camping-car. Malgré le trajet relativement court, la fatigue se faisait sentir. Édimbourg laisse des traces, non seulement du point de vue des souvenirs mais également sur le plan physique. 

Les Kelpies – des esprits aquatiques Cette nuit s’est également déroulée dans le calme, et c’est donc bien reposée que j’ai repris la route le lendemain matin à huit heures en direction de Falkirk, pour découvrir les célèbres Kelpies. Dans l’écoparc The Helix, l’artiste Andy Scott a réalisé un ouvrage monumental faisant référence aux esprits aquatiques mystiques issus du folklore écossais : deux sculptures en acier inoxydable ayant chacune 30 mètres de haut, un poids d’environ 300 tonnes et représentant d’imposantes têtes de chevaux. Et comme il se doit pour des esprits de l’eau, elles se dressent au bord de l’eau sur un bras du canal Forth and Clyde. Ce dernier s’étend sur 56 kilomètres à travers l’Écosse et relie la mer du Nord à l’océan Atlantique. Un incontournable pour tous ceux qui font escale à Falkirk. Et comme par hasard, ce jour-là, un groupe traditionnel de cornemuses donnait un concert devant les sculptures – « very luuvly », comme diraient les Écossais.

Plus d'informations de voyage sont publié dans le magazine Autocaravane,numéro 4/2026

Texte et Photos : Anita Maurer
de magazine : Autocaravane, numéro 4/2026

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